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ImageArdon : Rencontre avec Arnaud éducateur de rue


29/01/2019

Rencontre avec Arnaud, éducateur de rue à Ardon au sein de la structure ASOA et animateur au centre Conth’act de Conthey.

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Raconte-nous ton parcours, ce qui t’a motivé à suivre cette voie

À l’aube de la trentaine, j’avais besoin d’un nouveau défi professionnel. Pour ce faire, j’ai réalisé un bilan de mon parcours et cela m’a permis de découvrir un centre d’intérêt qui me plaît tout particulièrement : l’accompagnement de la jeunesse. C’est donc tout naturellement que je me suis tourné vers des études dans le travail social, d’abord en animation socioculturelle puis en éducation sociale, plus précisément comme éducateur de rue.

Comment se déroule cette formation ?

J’ai suivi durant trois ans l’École Supérieure « ARPIH » à Yverdon-les-Bains. J’ai eu la chance d’être accompagné par Monsieur Dominique Bonnaz (Formateur à la Pratique Professionnelle), Monsieur Bruno Brasil (Responsable de « Conth’Act - l’action socioculturelle de Conthey »), Monsieur Georges Mahot (Superviseur) ainsi que mes collègues.

Mon challenge principal était de créer le poste d’éducateur de rue à Conthey tout en commençant cette nouvelle formation. Le Conseil Communal m’a soutenu et encouragé dans cette démarche. Mes formations précédentes m’ont beaucoup aidé à structurer cette nouvelle fonction.

En parallèle, je me constitue un réseau de personnes ressources, indispensable à ce métier. Les cours sont donnés trois jours consécutifs chaque quinzaine. Ces derniers sont présentés par des professionnels travaillant quotidiennement sur le terrain. Cet aspect est très important à mes yeux, car l’échange élèves-intervenants devient alors concret et très riche. Le contenu des cours était très éclectique avec des apports théoriques et pratiques. Nous étions jugés sur des travaux écrits et oraux, des projets fictifs et réalisés, seuls et en groupe.

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Comment ça se passe, en pratique, dans la rue, avec les jeunes ?

Mon public cible est âgé de 12 à 25 ans et souffre d’une rupture sociale, familiale, scolaire ou professionnelle. J’offre une présence régulière dans la rue les soirs et week-ends afin de les rencontrer sur leur territoire. L’objectif est de faire partie du décor.

La première difficulté c’est de gagner la confiance du jeune, cela peut prendre deux, voire trois ans. Une fois cela réalisé, la collaboration devient réciproque et vaut tout l’or du monde. Nous programmons ensuite des rencontres régulières.

L’aspect important est le principe de la libre adhésion : le jeune (re)devient alors le principal acteur de sa vie ! Le fait de ne pas travailler sur mandat m’offre une carte blanche non négligeable. Je peux alors intervenir au sein de la famille, de l’école, de l’entreprise, etc. Il m’est ainsi possible de travailler parfois dans certaines zones grises inaccessibles à d’autres professionnels.

Quelle est la réaction de ces jeunes, comment te perçoivent-ils ?

J’espère que les jeunes me perçoivent bien (rire) ! Plus sérieusement, le principal est de rester sincère, d’écouter activement ce que le jeune veut exprimer et de faire part d’une grande bienveillance. La grande majorité d’entre eux sont très reconnaissants.

Et qu’en pensent leurs parents ?

Parfois, la demande vient des parents eux-mêmes, car ils ont besoin de conseils à un moment où ils n’ont pas forcément les outils adaptés afin d’accompagner leurs enfants lors d’un passage à vide ou une situation difficile. Les parents voient mes actions d’un très bon œil. J’ai cette étiquette de « grand-frère » qui les rassure et les soulage.

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Quel est l’avantage de travailler ainsi en extérieur ?

Travailler dans la rue nous permet d’aller facilement à la rencontre de la population. La proximité révèle souvent les problématiques actuelles, c’est une porte d’entrée afin de préserver la cohésion sociale et ainsi favoriser l’intégration.

Comment pourrais-tu te définir et définir ton rôle ?

Je me perçois comme un couteau suisse social. Je suis par exemple amené à aider les jeunes pour leur orientation professionnelle, pour trouver un logement, commencer un désendettement, conseiller sur des questions relatives aux orientations sexuelles, soutenir lors d’une addiction, offrir un appui aux victimes d’infractions, etc. Chaque jour est différent et je m’épanouis pleinement.

Félicitations, Arnaud, pour ton engagement auprès de la jeunesse !

 

Carole Coupy


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