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ImageVendredi 8 mars: Journée de la femme


08/03/2019

Instauré depuis plus de 40 ans au niveau international, ce 8 mars dédié aux femmes a pour but de mettre en avant la lutte pour les droits de la femme et tenter de faire un pas de plus pour l’égalité femmes–hommes.

En Valais plusieurs événements sont au programme, parmi eux la Semaine de la femme, organisée à la Vidondée de Riddes du 5 au 10 mars. Une exposition, des spectacles, conférences, ateliers ainsi qu’une journée spéciale aujourd’hui même tandis qu’à l’atelier NM de Martigny se déroule, toujours aujourd’hui, la « Pulpe Fashion » : art du vin et slow mode au programme (renseignements sur le site de Christelle Besse).

Demain samedi 9 mars, de nouveau à la Vidondée de Riddes, des ateliers Femmes, Femmes, Femmes, multi-horizons, jugez plutôt :

  • 12h30 à 13h30 : journal Créatif  «Bienveillance avec soi et les autres»

  • 14h à 14h30 : Parents-enfants «Quand le toucher prend tout son sens»

  • 15h15 à 16h : Morpho-formes-couleurs «Des styles pour un sourire»

  • 16h à 17h Fleurs – cœurs - couleurs «La terre, la plante et l’air et moi», création d’un jardin en bocal

Entrée libre – sur réservation.

Dimanche 10 mars à la Vidondée, apéro dominical 100 % femmes

Renseignements et infos détaillées sur le site de Christelle Besse www.christelle-besse.ch et www.vidondée.ch.

Pour les plus jeunes, la HES-SO, Haute Ecole d'Ingénierie de Sion propose un stage aux filles inscrites dans un CO valaisan afin de leur faire découvrir les métiers de l’informatique, de l’électronique et de la mécanique sur deux jours.

On le voit, et d’autant plus avec ces stages techniques réservés aux jeunes filles, la société avance vers un monde où professionnellement femmes et hommes peuvent accéder - dans la théorie du moins - aux mêmes domaines d’activité. Des efforts considérables sont relevés à tout niveau. Pour autant, faut-il considérer cette égalité comme potentiellement acquise et relâcher la pression ? Nous avons demandé à 5 personnes - 3 quinquas et 2 trentenaires - leurs avis sur la Journée de la femme et la position de la femme dans la société.

Voici leurs réponses :

Christine Denis, Conthey, génération quinqua

Je ne suis pas engagée en tant que militante pour la cause des femmes, cependant je fais partie de Solidarité-Femmes et du BPW, business professionnel Woman, deux organisations qui favorisent le regroupement des forces dans un but d’entraide féminine.

Cette Journée de la femme permet de mettre l’accent sur diverses problématiques et revendications. Le principal pour moi c’est qu’il faut davantage valoriser les femmes et leur travail. Lors une recherche sur le Web, par exemple, la majorité des pages proposées cible des documents rédigés par les hommes car peu de femmes produisent des publications officielles, leurs écrits ne sont pas médiatisés et du coup elles n’apparaissent que peu dans les moteurs de recherche.

Nous devons arriver à plus de représentation féminine dans tous les domaines afin qu’elles deviennent des références pour la jeune génération. À force de voir des femmes haut placées dans les entreprises ou réussir brillamment en politique, la valeur professionnelle de la gent féminine apparaîtra comme évidente pour tous. A ce jour, les jeunes filles n’ont encore pas suffisamment de modèles inspirants. Évidemment, elles ont accès à la formation au même titre que leurs camarades masculins mais ensuite, dans la vie active, elles se heurtent souvent à diverses embûches et particulièrement lorsqu’elles décident de fonder une famille.

La société a évolué, bien sûr, les mentalités également mais maintenant il faut que les structures suivent cette évolution. Nous devons mettre en place concrètement ce qui est déjà fixé dans la loi, entre autres, l’égalité salariale.

Je regrette parfois que les blagues sexistes ou comportements un peu tendancieux soit minimisés. Aussi bien de la part des hommes que des femmes, il y a toujours quelques voix pour affirmer que ce n’est pas vraiment grave et je trouve cela très dommageable.

Et je voudrais préciser que selon moi, il n’y a pas une lutte des femmes car les femmes sont plurielles tout comme leurs revendications. À chacune de nous d’agir à son niveau, de voter pour faire élire plus de femmes et de porter haut cette voix féminine qui peut faire bouger les choses. On doit se mobiliser, avec nos différences, afin de faire lâcher les derniers bastions.

Stéphane, Sion, génération quinqua

Les rapports hommes–femmes sont comme un nœud de vipères. Je trouve qu’il y a parfois trop d’agressivité de la part des femmes qui réagissent à l’extrême dès qu’on essaye de parler de ce problème. Évidemment, on sait qu’elles ont moins de reconnaissance professionnelle, sont encore et toujours moins payées que les hommes et qu’elles effectuent la plus grande partie du travail domestique. Mais certaines ont tendance à considérer l’égalité comme un dû de notre part alors qu’elles ne cherchent pas d’elles-mêmes à changer les choses. Combien ont envie de se mettre en avant ? Combien cherchent à s’investir en politique ou en tant que PDG avec tout ce que cela comporte comme stress, journées interminables et pression constante ?

Je soutiens la cause des femmes mais je pense qu’il faut laisser faire les choses. Petit à petit l’équilibre se fera de lui-même tout naturellement.

Valérie, Martigny, génération quinqua

Pour l’avoir vécu dans ma propre expérience, je sais que les chances au niveau professionnel ne sont pas les mêmes entre hommes et femmes. Même avec des diplômes et une expérience équivalente, la plupart des postes « intéressants » seront accordés principalement aux hommes. Souvent sous le fallacieux prétexte qu’une femme va stopper sa vie professionnelle pour fonder une famille ou qu’elle sera plus souvent absente si elle a déjà des enfants, ce qui est une aberration.

Et même si elle parvient un certain statut professionnel, il y aura toujours un patron ou un collègue qui la traitera comme une assistée. Je me souviens d’un de mes supérieurs qui me disaient régulièrement « laissez, mon petit, je vais le faire » dès que mes tâches devenaient plus importantes. Si pour lui, ça partait d’un bon sentiment, personnellement je me sentais totalement rabaissée, comme une enfant incapable.

Au niveau privé également, la femme est souvent éduquée dans l’idée que son salut passera par le mariage et l’enfantement. De ce fait, sa situation dans la cellule familiale se placera automatiquement en mode « service ». Elle prendra soin de la famille, de la maison, préparera de bons petits plats, soutiendra son mari dans sa carrière etc. Fière d’en être le pilier elle oubliera petit à petit que la vie ne se résume pas à ce cercle familial et que son épanouissement ne viendra que par elle-même, indépendamment du conjoint et des enfants.

J’ai éduqué ma fille et mon fils de la même manière. Aujourd’hui, mon fils a ouvert son entreprise et ma fille a choisi de travailler à mi-temps pour s’occuper de sa famille. Les valeurs qu’on dit traditionnelles semblent inébranlables !

Je pense que le chemin est encore long et qu’il n’y aura peut-être jamais d’égalité totale. La Journée de la femme est indispensable pour que les choses changent.

Nathaniel, génération trentenaire

Nous sommes encore loin de l’égalité mais justement, c’est notre génération qui doit s’atteler à ça. On a eu tout d’abord les premières luttes puis la génération suivante a marqué la prise de conscience et le changement se fera avec notre génération.

Dans l’idéal, femmes et hommes devraient avoir les mêmes chances de progression de carrière, ce qui n’est pas encore le cas. Trop souvent les femmes ne savent pas se vendre sur le marché de l’emploi, n’osent pas se mettre en avant et négocier des avantages, comme si elles s’estimaient déjà suffisamment chanceuses de pouvoir être engagées. Il semble d’ailleurs que plus on s’attaque à un poste haut gradé plus les possibilités de négociations apparaissent biaisées entre hommes et femmes.

Un reportage paru récemment a montré que la Suisse se classait en 70e position sur les 190 pays étudiés concernant la position de la femme dans la société. D’une part par rapport au congé maternité mais aussi concernant le système de retraite. Le fait de prendre la retraite plus tôt les pénalise du point de vue des cotisations ; elles sont également défavorisées au niveau de la LPP puisque beaucoup d’entre elles travaillent à temps partiel et ne peuvent se constituer un 2e pilier suffisant.

La mentalité de chacun doit changer par rapport au regard porté sur les femmes et ce dès l’enfance. On a remarqué, par exemple, qu’à la crèche un petit garçon entendra environ 3 fois par jour de faire attention alors que pour une fille c’est environ 15 fois par jour. On attend traditionnellement d’une petite fille qu’elle soit jolie et un peu plus en retrait. Un garçon sera félicité sur ses actions et son audace mais concernant la fille, la valeur sera portée sur ces beaux vêtements, sa jolie coiffure, sa douceur et sa gentillesse.

Le sexe qu’on a nommé faible pendant des années est poursuivi par de nombreux clichés qui perdurent : les femmes ne savent pas conduire, ne différencient pas la gauche de la droite etc. ce qui est non seulement faux mais surtout dégradant. Il en est de même avec certaines blagues sexistes qui dévalorisent toutes les femmes dans leur identité mêmes si elles ne sont pas directement concernées.

Dernier point que je voudrais relever, je prône aussi la mise en place d’un véritable congé paternité et d’un congé parental à partager car il est inadmissible que la femme doive sacrifier sa carrière pour ses enfants.

Elise, génération trentenaire

Pour ma part, j’ai eu la chance de grandir dans un environnement totalement égalitaire. Ce n’est qu’en arrivant à l’Uni que je me suis rendue compte de certains traitements différents et de remarques parfois désobligeantes. Je pense que la lutte doit continuer parce qu’encore actuellement une femme doit travailler trois fois plus pour se faire reconnaître à sa juste valeur.

Pendant longtemps j’ai soutenu les quotas, je pense maintenant qu’il ne s’agit pas de la solution idéale. J’aimerais voir beaucoup plus de représentation féminine en politique pour qu’elles puissent servir d’exemples et pousser au changement.

On le voit par ces réponses, le combat est loin d’être gagné.

Restons optimistes et éduquons la nouvelle génération sur ce principe d’égalité et d’équité entre les deux sexes. Que les femmes prennent conscience de leur force et de leur pouvoir au même titre que les hommes.

À toutes les femmes je souhaite une belle « Journée de la femme » et je vous offre un beau bouquet de fleurs virtuel.

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Et comme aucune égalité ne peut se concevoir au détriment d’autrui, à vous aussi les hommes, je souhaite une belle « Journée de la femme » et je vous offre ce beau bouquet de fleurs virtuel.

Carole Coupy


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