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ImageSaillon: Quatre étangs sur l’alpage de la Lui d’Août


28/03/2019

Le réchauffement climatique menace les étangs et leurs écosystèmes. La protection seule des zones naturelles n’est plus suffisante. Il est nécessaire d’en créer de nouvelles afin d’accueillir et d’offrir une chance aux espèces animales et végétales d’altitude de s’adapter, et ainsi de survivre. Partant de ce constat, une réflexion a été menée par la commune de Saillon et la HES-SO Genève dans le cadre d’un travail de diplôme qu’a réalisé Johann Varone. «Ce projet m’a motivé, car il se situait en Valais, proche de chez moi, en montagne.» De son côté la commune entend y favoriser la biodiversité et renforcer l’attractivité du site.

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Johann Varone a réalisé son travail de diplôme sur la réalisation d’un plan d’eau d’altitude sur l’alpage de la Lui d’Aout

Intégration optimale dans le paysage

Johann a d’abord réalisé un diagnostic de terrain et récolté les données nécessaires pour la rédaction d’une notice d’impact. Il a ensuite identifié les espèces végétales et animales susceptibles d’être favorisées par l’aménagement et réalisé un relevé topographique du site d’études. «J’ai effectué plusieurs relevés de fleurs, pour voir s’il y a des espèces rares, ce qui n’est pas le cas. Je suis resté cinq jours sur place.» La suite s’est faite en grande partie sur ordinateur: «J’ai créé un modèle numérique afin de dimensionner les ouvrages et calculer les volumes, surfaces et quantités.» Les aménagements prévus consistent en la création d’un réseau de quatre étangs de différentes tailles et profondeurs, alimentés par un torrent. «Leur emplacement épousera au mieux la topographie naturelle du site pour une intégration optimale dans le paysage. Les berges seront semées et plantées d’espèces végétales typiques des milieux humides d’altitude qui, à long terme, offriront un habitat favorable à tout le cortège faunistique caractéristique des étangs alpins.»

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Objectifs écologiques et touristiques

Lorsque Johan a présenté son projet à la commune de Saillon et que cette dernière a accepté de débloquer des fonds pour sa réalisation, il n’a pu que s’en réjouir: «Le conseil communal a été très réceptif. Cela représente une énorme satisfaction de savoir que mon projet va aboutir, ce n’est pas le cas de toutes les thèses.» Si l’alpage était largement exploité par le passé, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le bâtiment d’alpage attenant au site a d’ailleurs perdu sa fonction originelle. Il sert aujourd’hui de gîte et de buvette, en été comme en hiver. La réalisation de ces quatre étangs se veut également une offre supplémentaire pour la région. «Si les nouveaux étangs serviront de refuge aux espèces menacées, en plus d’apporter un outil de gestion de l’eau sur l’alpage, le site réaménagé gagnera également en attrait paysager et apportera une réelle plus-value touristique à la commune.»

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La genèse de «La Gouille»

Inspiré et vivement intéressé par la réalisation de l’étang «les larmes du fou» sis sur la commune d’Isérables à 2200 m d’altitude, Michel Pellaud, épris de tout ce qui a trait au patrimoine, a alors pris connaissance du projet ACCLAME pour l’adaptation aux changements climatiques dans les Alpes, du travail de l’HEPIA, de l’intérêt de la Murithienne pour ces différents types de mares et de certains projets Interreg. Avec le consentement de Charles-Henri Thurre, président de la commune, Michel Pellaud a de ce fait approché le professeur Beat Oertli, responsable de projets valaisans et professeur à la HES filière Gestion, Nature et Environnement, pour la réalisation éventuelle d’un étang d’altitude sur l’alpage de la Lui d’Aout sis sur le territoire de Saillon à 1957 mètres d’altitude, dans une cuvette naturelle au lieu-dit, prémonitoire, «La Gouille» (bien qu’aujourd’hui personne ne se souvienne avoir vu un plan d’eau à cet endroit). Un étudiant, Johann Varone de Savièse, s’est alors déclaré intéressé et preneur pour le sujet de thèse de bachelor concernant l’aménagement du plan d’eau en question. Soutenu dans son travail de diplôme par le professeur Pierre André Frossard, il l’a mené à terme avec succès. Johann Varone a alors présenté son projet à la commune de Saillon, laquelle, a décidé de mettre au budget la réalisation de cet étang.

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«En aménageant ces étangs d’altitude, la commune de Saillon contribue activement à préserver la biodiversité comme elle l’a si bien compris en maintenant depuis 1945 déjà, 6 hectares de forêt au cœur de la zone agricole, en acquérant 4 hectares dans le secteur de la Sarvaz afin de créer un îlot naturel protégé et en classant son admirable vignoble comme premier réseau viticole agro-environnemental de Suisse. Avec ce plan d’eau d’altitude à proximité du gite de Lui d’Aout, la commune poursuit son action en vue de la sauvegarde de son patrimoine, vestige de l’économie agro-pastorale en faisant sienne cette définition de patrimoine émise par l’UNESCO: Le patrimoine, c’est l’héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations futures.»


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