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ImageAyent-Arbaz-Grimisuat: La marche, antidote poétique


06/06/2019

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Saint-Léonard, Chelin, Clavau: une balade en toute amitié pour Jean-Pierre Savioz ( ici notamment avec Paul Mac Bonvin à droite) dans la nature valaisanne qu’il affectionne tellement.

Moniteur et responsable du groupe de marche d’Ayent-Arbaz-Grimisuat de Pro Senectute, Jean-Pierre Savioz prépare ses marches comme des poèmes dansants, dans lesquels les marcheurs du bisse Tailla y laissent un morceau d’âme. Sur les sentiers valaisans, en collaboration avec 6 moniteurs, c’est en effet le bonheur de vivre qu’ils entretiennent en marchant.

Epris de beauté et de nature, sportif accompli et travailleur infatigable, sur le terreau de tant d’autres aspirations et coups de cœur, Jean-Pierre Savioz aime faire pousser les défis. Ceux qui font grandir, ceux qui ont du sens. En réunissant les aînés de sa région dans un groupe qu’il a intitulé en 2015 «Les Marcheurs du Bisse Tailla», il s’est offert un nouveau challenge sain et solidaire: celui de faire partager les joies du mouvement dans la nature à ses camarades. Ingénieur pour les routes nationales à la retraite, membre de multiples comités tout au long de de sa vie, Jean-Pierre connaît la définition du mot exigence dont il brode les lettres sur tous les projets qu’il entreprend: «Je fais à fond tout ce que je fais.» Perfectionniste, mais sachant laisser sa place au plaisir, Jean-Pierre met un point d’honneur à trouver l’équilibre dans ses démarches: «Nous visons la perfection dans nos marches», sourit-il avant d’ajouter, rassurant:«Il ne s’agit pas d’être intolérant. Il faut savoir vivre heureux, pas toujours se flageller.» C’est dans cet état d’esprit oscillant entre le dépassement de soi minutieusement orchestré et la liberté savoureuse des pas posés sur les sentiers valaisans qu’il invite les aînés de sa région à le suivre.

Le sport, cet allié indispensable de la retraite

«Je cherche à vivre heureux et le plus longtemps possible en pleine santé.

» Une volonté que possède la majeure partie de la population, mais qui peut être réalisée uniquement grâce à la pratique régulière d’un sport selon Jean-Pierre: «Le sport aide à mieux vieillir. Lorsque je marche régulièrement, non seulement je me

donne sept fois plus de chances de vieillir en bonne santé, mais mon cœur ne cesse de s’émerveiller.» Les statistiques, Jean-Pierre les connaît. C’est aux autres qu’il aimerait les faire découvrir : même les débutants peuvent ainsi améliorer leur qualité de vie.«Cela permet d’éviter la solitude, de rester indépendant, car la marche renforce l’équilibre, diminue les risques de chutes et de maladies, améliore le sommeil, la mémoire et l’humeur. Pourtant moins de 40% des retraités font du sport.» En transmettant ce message et en invitant les personnes à rejoindre le groupe de marche, Jean-Pierre veut tout simplement aider son prochain:«J’aimerais tellement qu’ils soient heureux, que leurs corps revivent! Parmi ceux qui ont commencé, quasiment personne n’a arrêté!» Ce qui devrait rassurer et mettre sur la bonne voie les peureux:«C’est la sédentarité qui entretient les bobos. Nous avons moins mal en bougeant!»

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Le groupe des marcheurs du bisse Tailla en sortie à Eischoll-Unterbäch.

Les marches, ces poèmes dansants

Ayentôt pure souche très attaché à son coin de pays (à 35 ans, tout en habitant à Sion, il savait déjà qu’il vivrait sa retraite ici, en montagne), Jean-Pierre promène également son corps et son âme à l’étranger et sur les innombrables sentiers qu’offre le Valais: «Les origines créent l’identité, le patrimoine sentimental. C’est une sensation bien précise qui n’empêche pas le voyage: je suis du monde!» Aimant la géographie et la poésie, il associe la prose à ses marches:chaque lieu parcouru mérite une petite histoire. J’écris de petits bouts de textes afin de montrer aux gens la beauté de ce pays ! J’ai envie de donner une âme à nos marches, au mouvement… C’est grisant de dépasser le premier degré.» Jean-Pierre programme et choisit ainsi ses marches dans le souci permanent de la beauté: «Je veux offrir aux marcheurs des sorties qui les émeuvent.» Plus que de simples marches, Jean-Pierre Savioz les décrit comme le reflet de leur joie de vivre: «En découvrant les plus belles ballades de notre pays, en traversant les villages et les hameaux les plus reculés, en passant des cols, en rencontrant des gens, en se faisant des amis, nous ressentons le goût de l’effort partagé, nous mettons du piment dans nos marches, nous voulons les danser, y placer un petit morceau de nos âmes.»

Ses voeux de bonheur

«Le plus important pour être heureux, c’est de se mettre tout de suite au sport ou de continuer ses activités à la retraite.» Si le message de Jean-Pierre à ses congénères se veut solidaire, celui qu’il aimerait adresser aux jeunes se veut également bienveillant: «Vivez à 100% en prenant soin de votre capital santé, afin de vivre une retraite agréable, sertie de bons moments. » Celui adressé aux politiques est une requête: «Il ne faut pas laisser tomber le social. » Enfin, il émet un souhait pour le Valaisan, ce rêveur aux pieds bien ancrés dans le sol: «Il faut rechercher le bonheur maintenant. Tu ne le trouveras pas demain.»

Romy Moret

«La marche est de loin l’activité physique la plus simple à pratiquer et la plus adaptée aux seniors» Si vous désirez vous procurer le programme du groupe de marche d’Ayent-Arbaz-Grimisuat, une simple demande à l’adresse e-mail: jpsavioz@netplus.ch


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