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ImageSébastien Reichenbach : « Hâte de sentir l’engouement de mon canton pour le vélo »


12/02/2020

CYCLISME – Il est l’un des valaisans du peloton professionnel et s’apprête à entamer une saison intense au niveau du calendrier, entre Tour de Romandie, Tour de France et Championnats du monde à Martigny ! Rencontre avec Sébastien Reichenbach.

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Photo : Groupama-FDJ

À quelques jours de reprendre le chemin de la compétition avec son équipe Groupama-FDJ, Sébastien Reichenbach nous a accordé quelques précieuses minutes de son temps pour évoquer la saison à venir, ses objectifs, mais aussi revenir sur la saison dernière. Le citoyen de Vétroz a passé énormément de temps sur son vélo cet hiver, sillonnant la rive droite du Rhône à la recherche du soleil. Une préparation qui doit lui permettre de performer sur le Tour de Romandie, mais surtout sur le Tour de France pour accompagner Thibaut Pinot. Bien sûr, il sera aussi attendu à Martigny, au mois de septembre pour les championnats du monde. Interview !

B.C. Sébastien, bonjour. La préparation a déjà bien commencé. Vous êtes prêt pour cette grosse saison qui arrive ?

S.R. Oui, encore une petite semaine avant la première compétition. Un bel hiver de préparation avec une grosse charge de travail, comme j’ai l’habitude de le faire chaque année.

Si on revient un peu sur la saison dernière, comment la qualifieriez-vous ?

Pas ma meilleure année, mais assez bonne quand même. Un titre de champion suisse qui m’a fait vraiment plaisir. Ça m’a permis de relever les bras après plusieurs années sans victoire. Je retiens aussi un bon Tour de France, où on a vécu divers émotions avec mon équipe. Mais finalement, sportivement, ça a été un très bon Tour.

Vous finissez champion suisse sur route pour la première fois de votre carrière, qu’est-ce que cela représente pour vous ? C’est le plus beau succès ?

Oui, bien sûr. Je le voulais tellement ce maillot. J’ai toujours trouvé cette journée spéciale. C’est une course différente des autres, parce qu’en Suisse on n’est pas un grand peloton. Ça se court vraiment très différemment, un peu comme des courses que j’avais l’habitude de courir en espoir. Il y a vraiment un aspect très tactique, et ça m’a vraiment fait plaisir de la remporter. Depuis, je passe vraiment de belles journées avec mon beau maillot rouge à croix blanche.

Porter le maillot rouge à croix blanche sur les routes du Tour de France, c’est une sensation exceptionnelle ? ça change quelque chose ?

Oui, je me suis rendu compte que c’est un drapeau que tout le monde connaît. Certes on est un petit pays mais avec un drapeau qui saute aux yeux de tout le monde. Il parle à tout le monde. J’avais chaque fois un petit mot d’encouragement. J’ai vraiment eu énormément de plaisir et c’est une expérience que je souhaite à tout athlète de vivre.

Ce Tour 2019, parlons-en ! Vous êtes parti en tant que coéquipier de Thibaut Pinot, qui a dû abandonner dans des circonstances assez dures. On imagine que la déception était grande ?

Bien sûr, d’autant plus qu’on avait déjà vécu ça la saison d’avant au Giro, un peu dans les mêmes circonstances. Alors sur le Tour, c’était moins grave qu’au Giro où il avait fini à l’hôpital. On était tous un petit peu sous le choc, il avait vraiment fini dans un sale état à la veille de l’arrivée à Rome. Il avait le podium dans les jambes, et ça nous avait vraiment marqué. Là, on s’est dit « on va revivre la même chose », là il n’y avait pas de problème grave, c’était musculaire. On savait qu’il allait rentrer chez lui et profiter de la vie entre guillemets. C’était similaire, mais quand même un petit peu plus facile que l’année d’avant. Maintenant ça fait deux fois qu’on vit ça, et j’espère que c’est enfin terminé !

Le soir quand on arrive à l’hôtel et que son leader a abandonné, on est dans quel état d’esprit ? On se morfond ou alors on se dit on va aller chercher une victoire d’étape ?

C’était compliqué. On n’était quand même pas loin de Paris. On n’a pas réussi à se remobiliser, on était tous très fatigués, surtout que les émotions sont vraiment décuplées. C’était très difficile de le voir partir. Les étapes ont ensuite été annulées, plus rien n’allait. On était vraiment très content de voir Paris.

Vous terminez 17e de la Grande Boucle. Ça ne vous donne toujours pas envie d’avoir un rôle de leader ?

Non, parce que 17e c’est sûr qu’il y a un saut énorme pour rentrer dans le top 10, et encore plus pour aller jouer un top 5. C’est juste hallucinant la différence de niveau et de concentration mentale qu’il y a. Je fais 17e en me relevant sur les étapes de sprint et en faisant les chronos pas à fond pour essayer de garder de l’énergie. Un top 10 serait dans mes cordes, mais ça ne demande pas qu’une résistance physique. Il y a tout ce qui va autour, le maintien de la pression, les étapes nerveuses où il faut se veiller à pas prendre une cassure. À chaque fois que je vais sur un grand tour avec un leader, ce qu’il vit ce n’est pas forcément quelque chose qui me donne envie.

Vous vous épanouissez vraiment en tant qu’équipier ?

Totalement. Sur un grand tour, c’est un rôle que j’apprécie. Après j’aime aussi avoir ma carte à jouer sur une course par ci par là, notamment sur le Tour de Romandie. Sur un grand tour, je veux aider mon leader surtout quand je sais qu’il peut réaliser quelque chose de grand, comme un podium. Il a aussi les qualités pour jouer la gagne.

Pour la saison à venir, on vous attend surtout en tant que l’un des leaders de l’équipe de Suisse lors des championnats du monde à Martigny. Est-ce que c’est plus gros objectifs de votre saison ?

Je ne vais pas dire ça comme ça. J’ai trois gros objectifs cette saison : le Tour de Romandie, qui vient juste après la première partie de saison. Cette année, il y a vraiment un très joli parcours, totalement inédit, avec le parcours des championnats du monde, mais surtout la montée de Thyon 2000 que j’aime énormément. Après, le pic de forme arrivera sur le Tour de France pour me faire plaisir et accompagner au mieux Thibaut Pinot. Après, on sait que le championnat du monde se prépare avec les courses de fin de saison, avec la motivation et la force qu’il nous reste dans les jambes. Ce sera vraiment la forme du moment pour les championnats du monde, et mes pics de forme en avril pour le Tour de Romandie et en juillet pour le Tour !

Des championnats à la maison ça n’arrive qu’une fois dans une carrière, et encore. C’est une pression supplémentaire. Est-ce que l’approche d’un tel rendez-vous va être différente ?

Non, pas du tout. Ce n’est pas une pression supplémentaire. Je vis ça vraiment comme une grande chance de pouvoir courir une telle course sur mes routes, mais aussi de sentir l’engouement de mon canton pour le vélo. Après, pour la préparation, elle se fera vraiment en fonction du calendrier de course entre le Tour et août/septembre. Il faudra bien récupérer de la Grande Boucle et après il y aura un enchaînement de courses spécifiques que ce soit d’un jour ou par étapes.

Ça fait désormais quatre ans que vous êtes à la FDJ. Quel lien avez-vous avec Thibaut Pinot ?

On s’entend très bien. Il a réussi à monter un groupe, qui est sur tous ses gros objectifs avec lui. On est tous un peu le même type de personne, on aime bien les choses simples. On s’entend tous bien, et personne ne se tire dans les pattes. On a un objectif en commun : accompagner au mieux notre leader. On se donne sans compter pour lui. On me parle encore beaucoup du reportage que France 2 avait fait sur l’intérieur de notre l’équipe Groupama-FDJ. Ce qui était ressenti c’est vraiment cette ambiance, où l’on voit qu’il y a de l’envie pour chaque coureur. Tout cela, c’est la base pour performer au haut niveau.

On a senti l’année dernière que Thibaut Pinot pouvait aller chercher la victoire. Cette année, vu le parcours, on se dit que c’est pour lui ?

Déjà l’année passée ça lui convenait très bien, mais c’est sûr que cette année encore plus. C’est direct vallonné avec un départ à Nice. Il n’y aura pas trop d’étapes piégeuses avec du vent. Parfois, tu as dix jours dans le Nord de la France, où finalement il ne se passe pas grand-chose à part beaucoup de stress. Pour lui, c’est le genre de départ idéal. Ça lui permettra aussi de préparer toute l’année sereinement sans avoir la peur de perdre du temps bêtement lors de ces premières étapes. Après, c’est sûr qu’il sera très revanchard. Peu importe le parcours, il va vouloir prendre sa revanche sur l’année passée. Je pense qu’il a hâte d’y être pour tourner la page et écrire un nouveau chapitre.

À titre personnel, est-ce que vous fixez un objectif au classement ?

À chaque fois que je fais un grand tour avec Thibaut, je ne me fixe jamais d’objectif de classement. Ça n’a aucune importance. Je veux être le plus performant mais aussi durer sur les trois semaines pour être là à chaque moment difficile. Il faut qu’il sente que son équipe est performante chaque jour et qu’il ne se retrouve jamais dans une situation compliquée seul, où il pourrait perdre de nombreuses minutes à cause d’une équipe affaiblie. C’est l’objectif de ma part, être à mon pic de forme pour le mois de juillet.

À choisir entre une victoire de Thibaut Pinot sur le Tour de France ou un titre de champion du monde à Martigny, que choisiriez-vous ?

Je prends tout de suite le maillot arc-en-ciel à Martigny, il n’y a pas photo. Thibaut pourra retourner sur les Champs-Elysées une autre fois (rires), tandis que ce sera la seule fois que je disputerais les championnats du monde à la maison.

Finalement, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette saison ?

Que je prenne beaucoup de plaisir. Si j’en prends, ça voudra dire que tout se passe bien pour moi !

Baptiste Coppey


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